La carrière du Rano Raraku

 

95 % des moais ont été taillés sur les parois du volcan Rano Raraku.

 

Le volcan est un véritable "atelier de sculpture" où subsistent des centaines de moais, à toutes les phases de construction.

 

Un lieu envoûtant où règne une étrange sensation d'abandon. Comme si les ouvriers, soudainement interrompus dans leur travail, avaient jeté à terre leurs outils pour partir précipitamment... et ne revinrent jamais.

 

Lorsque Thor Heyerdahl vint ici en 1957, des milliers de "tokus" (haches de pierres utilisées par les sculpteurs) jonchaient encore le sol.


En prévision de ses propres funérailles, tout chef devait préparer le moai sous lequel il reposerait. La réalisation et le déplacement de ces colosses, de plus en plus grands au fil des siècles, de plus en plus lourds, mobilisait une importante main d'oeuvre.

 

 

Comme dans tout système féodal, les hommes du peuple étaient corvéables. Mais, pour participer à l'édification des moai, les sujets interrompaient leurs propres activités et ne pouvaient donc plus subvenir aux besoins de leurs familles. C'était alors au dignitaire d'y pourvoir et d'assurer aux familles un viatique suffisant.

 


Ainsi, la construction des statues n'était pas continue et variait selon les moyens du commanditaire. Les années fastes, le chef du clan pouvait engager beaucoup d'hommes ; le moai progressait rapidement. Par contre, en cas de mauvaise récolte par exemple, la construction pouvait être totalement interrompue pendant plusieurs années.

SCULPTURE DES MOAI

 

Les moais sont taillés à même la roche, face au ciel. Les ouvriers creusent autour du moai une étroite tranchée dans laquelle ils se glissent pour tailler les contours de la statue.


Peu à peu, la silhouette se dessine et seule une "quille" centrale retient le dos de la statue à la roche.

Au fur et à mesure que l'on dégage la "quille", on place sous la statue des cailloux sur lesquels on la fera glisser, une fois libérée.

Au préalable, on dégage devant le moai, sur la pente du volcan, une piste, comme une sorte de toboggan, terminée par un trou.

Fouilles menées par Thor Heyerdahl en 1957. Reconstitution de l'élaboration des moais. A l'aide d'un "toku" (hache de pierre), la quille de la statue est taillée jusqu'à ce que le moai se détache de la paroi volcanique.

Illustration extraite de "L'île de Pâques, des dieux regardent les étoiles"

de Catherine et Michel Orliac - Ed. Découvertes Gallimard Histoire.

Un ouvrage concis, complet et très agréable à lire.

 

Une fois le dos totalement détaché de la roche, on fait glisser le moai jusqu'au pied du volcan où, après avoir basculé, il se fiche debout en terre, planté dans la cavité creusée à cet effet.

 

La "glissade" est une opération délicate. De nombreux moais se brisent, irrécupérables.

Lorsque le moai est redressé, on finit de sculpter ses oreilles et son dos.

 

 

Une fois achevée, la statue attend d'être transportée sur son sanctuaire, distant de plusieurs kilomètres (jusquà 20 km).

 

 

 

Sur cette photo, l'homme qui sort de l'excavation, illustre le gigantisme de certaines statues.
(Expédition Thor Heyerdalh)

 

De nombreuses statues terminées n'ont pas été acheminées jusqu'à leur plate-forme finale.

Au fil des siècles, les sédiments se sont accumulés dans les excavations et, aujourd'hui, les moais sont enterrés, parfois jusqu'au nez.

Expédition de Thor Heyerdahl. Lorsque les chercheurs creusèrent, ils comprirent que, avec le temps, les statues avaient été enterrées à plus d'un tiers. Il est clair que beaucoup doivent avoir entièrement disparu sous les sédiments accumulés.

Sculper le moai n'était pas tout. Restait à le transporter à travers l'île... Mais comment bouger cette masse de plusieurs tonnes ?

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