BOLIVIE - Page 3

Petites misères et Altiplano

Parenthèse sur les conditions pratiques du voyage

Il faut préciser tout de même qu'il ne s'agit pas d'un voyage de tout repos. La piste de San Pedro à Uyuni oscille constamment entre 3 700 et 5 000 mètres d'altitude. Violents maux de tête, vomissements, saignements de nez et fatigue générale, peuvent être le lot des courageux candidats à l'expédition. Dans notre groupe, par exemple, Casimir, le polonais, ne s'acclimate pas du tout à l'altitude et le pauvre vivra un calvaire du début à la fin.

Bien que les nuits soient très froides, aucun hébergement n'a de chauffage (faut dire ; le bois se fait rare dans le coin...).
Le premier refuge est particulièrement sommaire : dortoirs spartiates, toilettes bouchées, plus d'eau et repas qui incitent davantage aux rejets qu'aux excès...   A mon avis, ce gîte n'obtiendra jamais aucune étoile au Michelin !

Mais ces p'tites misères seront passagères et cette excursion restera à tout jamais un merveilleux souvenir.

Un bon point tout de même : partout, distribution systématique de feuilles de coca et de maté. A mâcher ou à prendre en infusion. Le maté est recommandé pour les problèmes digestifs. Quant aux feuilles de coca, elles sont précieuses pour supporter les effets de l'altitude. Ceci dit sans faire référence à aucune drogue. Ici, de toute façon, on voit déjà les lacs en rose... nul besoin de substance bizarre !

Fin de la parenthèse

Le second jour, nous arrivons sur l'Altiplano bolivien. Coincée entre deux cordillères très élevées, l'Altiplano est une immense plaine de 805 km de long sur 129 de large, perchée à 3300 m d'altitude.

Alors que nous roulons sur un petit salar, un train surgit. C'est totalement inattendu et presque incongru dans un tel paysage ! Il s'agit de l'unique voie ferrée qui relie le Chili à la Bolivie, Calama à Uyuni. Il n'y a que 2 trains par semaine ; quel drôle de hasard.

Sur ce haut plateau très aride, on cultive essentiellement la Quinoa, plante très appréciée pour ses graines riches en protéines. Ici, bien sûr, tout se fait à la main et les conditions de travail des paysans sont très dures. Anne promet de ne plus jamais râler devant le prix faramineux de la Quinoa en France. Malheureusement, il est peu probable que ce coût élevé bénéficie directement aux boliviens qui suent à la cultiver.

 Le second refuge est beaucoup plus propre et confortable que le précédent. Certes, il n'y a pas de chauffage non plus mais c'est sans importance ; les murs sont épais et nous n'aurons pas froid.

L'hôtel est adossé à une montagne couverte de cactus géants. Ce sont de véritables arbres. D'ailleurs, les Boliviens exploitent le bois de cactus pour faire des planches, des meubles, des bibelots...

Mais la véritable particularité de ce refuge est ailleurs... Surprise ! La maison est entièrement en sel.
Les murs sont des parpaings de sel, les sommiers sont des blocs de sel et le sol est recouvert d'une épaisse couche de "gros sel". C'est d'ailleurs plutôt agréable de marcher pieds nus. On se croirait à la plage...



C'est que je ne vous ai pas tout dit : ça y est, nous sommes arrivées au Salar d'Uyuni !
Il s'étend à l'infini devant le refuge...

En route...

Lagunes, flamants et lamas



Le Salar d'Uyuni